L’Eldorado de Ribéry
Même si Galatasaray a plus de prestige de Metz, le départ de Franck Ribéry en Turquie étonne. Pour sa progression, un passage plus long en France aurait sans doute été bénéfique. Mais l’appât du gain a été plus fort pour un homme déjà usé par les galères.
Il était curieux de voir le FC Metz s’activer ainsi dans la dernière ligne droite du mercato. Le président Molinari n’est pas du genre à agiter le marché sans raison. Ogbeche, Gvozdenovic et Pimenov : trois internationaux arrivent, et seul Tressor Moreno partait. Cela pouvait paraître curieux. Comme paraissait bizarre cette blessure interminable de Franck Ribéry, le meilleur joueur messin de ce début de saison. Finalement, on a bien vite compris. L’international Espoirs bouclait ses valises. Pressé de s’expatrier. Trop pressé peut-être. Trop pressé sans doute. Le directeur sportif du club, Patrick Razurel, regrettait le départ précipité d’un joueur que le FC Metz aurait aimé emmener jusqu’à sa totale éclosion, comme Robert Pires en son temps.
Nul doute que tout le monde va tomber sur le dos de ce pauvre Franck Ribéry. A peine une demie-saison en L1 avait attiré l’attention des plus grands clubs européens. Finalement, comme Nicolas Anelka, il a choisi la Turquie. Un choix sans doute plus philosophique ou pécuniaire que sportif pour l’ancien brestois, qui aura l’occasion là-bas de vivre en accord total avec sa religion et de gagner sans doute un peu plus qu’en Moselle. En son temps, certains clubs intéressés par le joueur avaient laissé entendre que le joueur manquait de maturité et avaient reculé malgré l’évident talent du joueur. Jean Fernandez, lui, avait dit « banco » pensant pouvoir façonner ce diamant trop brut de décoffrage. Dernièrement encore, celui qui a lancé Zinédine Zidane ou Benoît Pedretti pensait faire de même avec le Nordiste. En vain.
Club lisse, le FC Metz commençait à en avoir assez du garçon. A peine quelques matchs disputés, encensé par les médias, il avait fait part de son envie de partir. Rappelé à l’ordre, il avait alors répondu en marquant à Toulouse. Mais c’était « reculer pour mieux sauter. » Après s’être refermé sur lui-même, l’international Espoirs, impliqué dans une bagarre en boîte de nuit, allait exprimer à nouveau ses désirs de départ. Molinari va accepter, une fois trouvé un terrain d’entente avec Galatasaray (1,5 millions d’euros + 20% du futur transfert du joueur). Désormais, il faut souhaiter bonne chance à Ribéry et espérer qu’il ne gâche pas une carrière qui venait de démarrer après tant de galères, du National (Brest) en passant par le dépôt de bilan d’Alès. Pour tenter d’expliquer ce départ précipité, rappelons que Ribéry, gravement accidenté très jeune sait que la vie est courte. Il a aussi connu les fins de mois – très - difficiles. De quoi rendre sensible à l’appel de l’argent. C’est dommage, mais c’est ainsi.
source football365.fr
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