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 Ligue des Champions finale: Milan AC - LiverpoolVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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boze
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MessageSujet: Ligue des Champions finale: Milan AC - Liverpool   Mer 25 Mai - 12:37

LA VIEILLE EUROPE SE REBIFFE


Un an après le surprenant Porto - Monaco, deux clubs parmi les plus titrés vont se disputer le trophée le plus prestigieux du continent. Le Milan AC s'annonce comme le grand favori d'une finale marquée par la présence de Liverpool, vingt ans après le drame du Heysel.


Milan, le dernier des favoris

Un grand club forgera davantage sa légende ce soir à Istanbul, et c'est déjà une forme de rupture après l'inattendue finale de Gelsenkirchen entre Monaco et Porto, l'an passé, qui avait surtout fait un statut à José Mourinho. Ce grand club pourrait être le Milan AC si la logique, ce concept difficile à manier, est respectée. Quel que soit le prestige du Liverpool FC, incontestable (4 C1), quelle que soit sa force de caractère, sans doute unique en Europe, le club anglais doit sa présence en Turquie à une série de coups, plus bluffants les uns que les autres. Il n'avait pas spécialement le profil pour se retrouver là. Et à son grand dam, il ne l'a toujours pas complètement : cinquième de son Championnat, Liverpool ne pourrait pas défendre son titre la saison prochaine, en cas de victoire ce soir. Face à lui, se dresse une légende parmi les légendes, le Milan AC, qui allie comme personne puissance et vitesse, rigueur et panache, hérités d'une tradition forte et pourtant si modernes. Comme Liverpool, le Milan AC a construit son mythe dans les années 60 et l'a entretenu jusque dans les années 80. Mais là où les Reds durent mettre leur histoire sportive entre parenthèses par la succession de deux événements dramatiques (Heysel puis Hillsborough, voir ci-contre), le Milan AC a affiné sa stature avec trois générations de joueurs exceptionnelles, celle des Van Basten - Gullit - Rijkaard (1989, 1990), des Desailly - Savicevic - Boban (1994), puis des Shevchenko - Pirlo - Kaka (2003). C'est elle, avec l'éternel Maldini en tête, qui va tenter d'asseoir sa place dans l'histoire. Cette équipe semble, en tout cas, plus forte que celle vainqueur de la Juventus aux tirs au but il y a deux ans.

Même deuxième du Championnat italien, le club milanais sait que l'Europe entière l'a désigné comme le plus apte à gagner ce soir. Il était déjà le favori des bookmakers aux heures où Chelsea terrorisait le continent, où Lyon enfilait les buts comme des perles, où le Real chassait encore son dixième sacre. Comme toutes les grandes équipes italiennes, elle peut s'en sortir de façon implacable quand elle joue mal. Comme toutes les grandes équipes tout court, elle sait être injouable quand tous ses talents vont bien. Sa défense, montrueuse, suffirait à construire un prétendant. Paolo Maldini évoque «la meilleure du monde» pour décrire son association avec Cafu, Stam et Nesta, plus de 500 sélections à eux quatre. En attaque, les Milanais disposent, avec Andrei Shevchenko, du dernier Ballon d'Or France Football, le meilleur joueur du continent en puissance. L'équipe de Carlo Ancelotti considère sa cinquième finale depuis 1991, date de l'introduction des poules - un record - comme l'accomplissement logique de son ambition. Ni plus, ni moins. Elle a cependant déjà réussi là où les autres colosses ont échoué. Depuis la suppression de la deuxième phase et l'introduction de huitièmes de finale aller et retour, l'an dernier, tous les favoris logiques ont des difficultés à assumer leur statut. Les Rossoneri sont finalement les seuls à avoir échappé à l'écrémage, même si le PSV Eindhoven méritait aussi sa place.



Les Italiens souvent crucifiés en finale

La vertu de l'énorme expérience internationale de Milan, c'est aussi de savoir le degré d'exigence d'un tel moment. Les finales de Ligue des champions ont déjà enfanté d'authentiques surprises. Avec, souvent, des clubs italiens dans le rôle de victimes. Liverpool, aussi imparfaite que soit cette équipe, n'a pas moins de raisons de gagner que le Celtic en 1967 contre l'Inter (2-1), Hambourg en 1983 contre la Juventus (1-0), Marseille en 1993 contre le Milan AC (1-0), l'Ajax en 1995 contre Milan (1-0) ou le Borussia Dortmund contre la Juventus en 1997 (3-1). «Nous avons toujours été outsiders cette saison et nous le serons encore contre Milan, reconnaît Steven Gerrard, l'exemplaire capitaine de Liverpool. Mais les Italiens devront livrer un grand combat. Nous y sommes prêts et nous nous savons capables de créer une autre surprise.» Liverpool l'a déjà prouvé. Dépassée par Monaco en phase de poules (1-0, 0-1), miraculée face à l'Olympiakos (3-1), l'équipe de Rafael Benitez vient de sortir la Juventus, qui a pris le meilleur sur Milan en Championnat (2-1, 0-0), et Chelsea (1-0, 0-0). Son efficacité défensive est estomaquante (aucun but encaissé au cours des trois derniers matches, six en douze rencontres de C1). Pour tout dire, elle semble en ce moment supérieure à celle du Milan AC, devenue subitement perméable (9 buts encaissés en quatre matrches). Poussés par les meilleurs fans d'Europe et portés par les événements, les Scousers n'ont que ce match en tête depuis trois semaines.

Physiquement, la donne semble aussi favorable aux Anglais. Les Italiens tirent la langue depuis plusieurs semaines. Les joueurs l'ont reconnu et l'ont montré en demi-finale face au PSV (2-0, 1-3), ensuite en Championnat. En alignant une équipe B vendredi contre Palerme (3-3), Carlo Ancelotti a accrédité cette thèse, préférant laisser à ses titulaires dix jours de repos pour préparer la finale, un luxe que les Reds avaient déjà. Ceux-ci se trouvent dans un état de fraîcheur incomparable, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes pour un club anglais, le premier depuis Manchester en 1999 à jouer cette finale. Benitez fut privé de tous ses joueurs-clef à un moment ou à un autre cette saison. Il a maintenant tout son monde sous la main, les jambes neuves et le cour gros. Djibril Cissé pourrait en parler mieux que les autres, même si Milan compte aussi sur Inzaghi, revenu au meilleur moment.

Le jeu pourrait donc consacrer Milan. Et ces ressources impalpables qui rendent le sport si fou - le mental, les jambes, l'action du premier sur les deuxièmes - peut faire pencher la balance du côté de Liverpool. «Il y a des équipes nées pour réussir en Coupe, notait lundi l'expérimenté Paolo Maldini dans L'Equipe avant sa septième finale de Ligue des champions. Liverpool est l'une d'entre elles. Mais si Milan a tout gagné, c'est qu'il a toujours cherché à jouer son propre jeu avant de détruire celui de l'adversaire. C'est la clef de la réussite.» A Milan, chacun pressent que le trophée prendra la route de l'Italie si l'équipe sort le match de l'année. Si et seulement si. Il ne lui faut pas seulement battre Liverpool ; il lui faut surtout ne pas lui laisser une lueur d'espoir. «Le Milan est porteur du beau jeu, en Europe et dans le monde, croit utile de rappeler Silvio Berlusconi. Il veut vaincre et convaincre. Cette tradition doit se poursuivre.» Liverpool aussi, est prêt à parler de tradition. La sienne n'est pas moins forte. Elle s'est seulement interrompue il y a vingt ans, à cause de la folie de quelques hommes.


LES EQUIPES PROBABLES
Milan AC (ITA) : Dida - Cafu, Nesta, Stam, Maldini (cap.) - Gattuso, Pirlo, Seedorf - Kaka - Shevchenko, Crespo.

Liverpool (ANG): Dudek - Finnan, Carragher, Hyypia, Traoré - Hamann, Xabi Alonso - Luis Garcia, Gerrard (cap.), Riise - D. Cissé (ou Baros).
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